Mon fils alors agé de 13 ans, perdait ses deux jambes sur les rails de chemin de fer!
A l'heure où j'écris cette note, il était entre la vie et la mort et moi, toujours dans l'incertitude et sans pouvoir le voir puisqu'en chambre stérile, transporté en hélicoptère dans une autre ville.
Triste anniversaire que celui de la vie brisée d'un enfant,alors pré-adolescent.
Je ne vais pas revenir sur cet accident, celles qui me "suivent" depuis quelques années s'en souviennent pour avoir dejà lu des notes sur le sujet.
Juste ce soir, j'avais envie de vous faire partager, non pas un moment heureux, mais un évènement qui a bouleversé la vie de mon fils, de ma fille et de la mienne à jamais.
Nous vivons tous avec des blessures plus ou moins graves, parfois des handicaps, des douleurs handicapantes, nous avons parfois le coeur brisé, la vie s'effondre quand notre vie bascule d"une seconde à l'autre et que cette même vie ne tient qu'à un fil, si fin...
Et pourtant, même si tout cela est si difficile à surmonter, si on pense ne jamais s'en remettre, la vie est la plus forte. Il faut se battre, encore et encore, je pense à Captaine Lili qui fait amie-amie avec sa souffrance pour pouvoir la supporter, je pense à Bird qui vit des moments très difficiles en cet instant, moments que je peux comprendre pour être passée par les mêmes qu'elle il y a quelques années, je pense à toutes ces bloggeuses amies qui viennent de perdre un être cher, à tous ceux qui sont dans l'angoisse d'un résultat, je pense à toutes ces mamans que j'ai croisé durant des mois tous les jours dans les hopitaux dont les enfants sous chimio étaient en rémission, je pense à tous ces gens à qui il manque un "morceau" et qui font de ce manque une force...Tout cela m'aide à supporter ce soir, ma souffrance de maman, m'aide à supporter la souffrance de mon fils que je ressens en cette journée, terrible, atroce,animale, viscérale...
Ce soir j'avais besoin de parler non pas des autres, mais de moi, de ma tristesse, de ma colère, de ma peine et cela je l'avoue, de façon très égoiste pour une fois. Mon fils souffre dans sa chair, je souffre dans mon coeur et , ce soir, pour une rare fois, je le dis.
Cela ne m'arrive pas souvent, alors je sais que vous me pardonnerez, j'avais besoin de l'écrire là, geste très personnel, très intime...
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